Archives départementales du Val-de-Marne
Val-de-Marne
1830-1880

1830-1880

1830-1880

Métamorphose du territoire à l'ère industrielle : un environnement sous pression

Entre 1840 et 1880, la société val-de-marnaise, à dominante agraire et artisanale, bascule vers une société commerciale et industrielle. L’essor du capitalisme, des sciences et techniques accompagne la métamorphose du territoire, tandis que la métallurgie, l’industrie chimique et le recours massif au charbon y suscitent des émissions de plus en plus nocives.

Le Val-de-Marne, intégré dans l’agglomération parisienne qui passe de 1 à 3 millions d’habitants au cours du XIXe siècle, est au coeur de ces mutations. Il remplit des fonctions liées à sa position de satellite : ceinture industrielle, maraîchère, florale et fruitière.

Le territoire se parsème d’industries. Des établissements insalubres (chimie, textile, cuir) et destinés à l’approvisionnement de Paris (matériaux de construction, métallurgie, agroalimentaire) s’installent ainsi à la périphérie immédiate de la capitale et le long des axes fluviaux et ferroviaires, surtout après 1860. Ainsi, parmi des dizaines d’autres, à Choisy-le-Roi, M. Garnand fonde la tuilerie Gilardoni en 1844 et Hyppolite Boulenger la faïencerie Boulenger en 1863.

Les transferts de la capitale se multiplient : Ivry et Vitry* voient arriver les forges Lemoine en 1842, les forges Coutant en 1854, les orgues Alexandre en 1859 et la droguerie Poulenc à Ivry Port en 1862.

Aux mutations de l’économie du territoire s’ajoutent des bouleversements sociaux : la population urbaine du département s’accroît, alimentée par l’exode rural. Des migrants viennent essentiellement du sud du bassin parisien au début du siècle, puis à partir du Second Empire du Massif central et de la Bourgogne. Cette masse de main d’oeuvre contribue à la formation d’un prolétariat ouvrier.

L’urbanisation et l’industrialisation du département se renforcent avec le développement d’un réseau moderne de transport. La Seine est aménagée de manière à devenir une voie navigable toute l’année : des barrages éclusés (Port-à-l’Anglais, Ablon…) sont construits, les cours d’eau sont approfondis par le biais de dragages. Plusieurs lignes de chemin de fer traversent le Val-de-Marne à partir de 1843.

 

*Comme Ivry, Vitry devient Vitry-sur-Seine lors du décret du 2 mai 1897.

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