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Georges et Raymonde-Rebecca Cukierman en 2016. © Le parisien/Laure Parny

Georges

Cukierman

11 juin 1926 - 18 avril 2020


Parcours d’un Fontenaysien engagé

Né dans une famille juive de cinq enfants, Georges Cukierman quitte Antony à l’automne 1939, très peu de temps après l’entrée en guerre de la France contre l’Allemagne. Son père, conscient de la haine et des exactions d'Hitler contre les Juifs, souhaite protéger sa famille en l’éloignant de la capitale. Le jeune Georges se retrouve donc dans la Creuse, pensionnaire dans un lycée à Aubusson. Au moment de l’exode, en juin 1940, il réalise contre les nazis qui sont alors en train d’envahir la France, son premier acte de bravoure en récupérant, avec un autre jeune, des armes abandonnées par l’armée française en déroute.

 

Un Résistant

C’est le 1er mai 1942 qu’il entre véritablement dans la Résistance, sollicité par la jeunesse communiste clandestine. Il vit alors à Villeneuve-sur-Lot, ayant suivi le proviseur qui le protège depuis son arrivée en zone libre. Doué d’une belle plume, il est d’abord chargé de la rédaction de tracts appelant la population à  faire face à l’occupant nazi et au régime de Pétain. Par la suite, il intègre les Francs-Tireurs et Partisans et commande, au moment de la Libération, plusieurs centaines de combattants. S’estimant trop jeune, il refuse le grade de lieutenant-colonel mais finit par accepter celui de lieutenant dans la Première armée. 

 

Un militant communiste

Après la Seconde Guerre mondiale, Georges Cukierman poursuit ses études et devient ingénieur dans le bâtiment. Souhaitant vivre pleinement son engagement politique, il devient permanent du parti communiste. Collaborateur de Jacques Duclos à Montreuil (fief parlementaire du dirigeant communiste de 1946 à 1959), il contribue par la suite à l’élection de Louis Bayeurte à la mairie de Fontenay-sous-Bois en 1965. Il travaille également avec Fernande Valignat, à la direction de la fédération communiste de Seine-Nord-Est puis à la section de politique extérieure au siège du PCF, place du colonel Fabien, laissant, au sein de son mouvement politique, l’image d’un homme de conviction aimant le débat et la confrontation d’idées.

 

Un passeur de mémoire

Installé à Fontenay-sous-Bois depuis 1976, Georges Cukierman s’attache à transmettre l’histoire de la Seconde Guerre mondiale auprès des plus jeunes en acceptant de témoigner auprès de milliers d’élèves du Val-de-Marne. En 2001, il fonde avec son épouse Raymonde-Rebecca, issue elle aussi d’une famille de juifs communistes, un Comité pour la mémoire des enfants déportés parce que nés juifs (CMEDJ) qui entend apposer des plaques commémoratives dans les écoles pour perpétuer la mémoire des élèves raflés et déportés. Georges Cukierman ne cessera alors d’intervenir, aux côtés de sa femme, auprès des scolaires comme l’atteste le documentaire réalisé en mai 2013 par les Archives départementales dans une classe de l’école Jules Ferry à Fontenay-sous-Bois. Georges Cukierman parle, avec humilité, de son parcours de jeune résistant et sa femme de la persécution dont furent victimes les familles juives en France en adressant un message de tolérance. Pour lui, l’école laïque permet l’apprentissage de la différence « et cela, il faut le sauver, il faut combattre le racisme, la haine des autres. C’est la différence qui fait la richesse du monde ».


Intervention de Rebecca et Georges Cukierman dans une classe de CM2 de l'école Jules Ferry à Fontenay-sous-Bois, le 17 mai 2013