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Séparation des Eglises et de l’Etat

  • L’identification de la question laïque : de la Déclaration des droits de l’homme au Concordat

    Couverture d'un hebdomdaire
    Périodique populaire publié de 1790 à 1794, le Père Duchesne remporte un vif succès dans les milieux « sans-culottes » mais aussi dans la bourgeoisie et l’aristocratie. Ses huit pages coûtent deux sous et portent en tête « Je suis le véritable Père Duchesne, foutre ! »». En vignette, l’auteur fait figurer son personnage fumant la pipe et tenant d’une main un tuyau de poêle. À partir de 1791, il brandit une hache sur la tête d’un prêtre agenouillé. Ce dernier représente vraisemblablement l’abbé Maury que Jacques-René Hébert attaque, dans un langage vulgaire et grossier, dès le printemps 1790. Ce prélat, élu député du clergé aux États généraux de 1789, s’oppose à la Constitution civile du clergé et réclame que l’autorité du pape soit reconnue en Avignon. Les prêtres refusant de prêter serment deviennent « réfractaires » et se coupent du clergé constitutionnel, des « assermentés » ou « jureurs constitutionnels ». De novembre 1791 à mai 1792, ils encourent des peines d’éloignement, de détention puis d’expulsion du territoire.
    Jacques-René Hébert (1757-1794). Le Père Duchesne.
    Numéro 8. Février 1791.
    Hebdomadaire. Réédition avec introduction d’Albert Soboul, Tome II. Numéros 1-40. Edhis, Paris, 1969. In-12.
    Archives départementales du Val-de-Marne
    (AA 2379/2)

    Adoptée dans l’enthousiasme le 26 août 1789, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen estime que :

    « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi ».

    Quelques mois plus tard, l’Assemblée constituante s’attache à mettre cet article en œuvre. Entre décembre 1789 et janvier 1790, elle émancipe les protestants et les juifs d’origines portugaise, espagnole et avignonnaise puis, en septembre 1791, les juifs d’Alsace et de Lorraine. Il s’agit d’affranchir les protestants et les juifs des régimes d’exception auxquels ils étaient jusqu’alors soumis en leur accordant l’égalité des droits civiques et la liberté de culte. Quant à l’Église catholique, ayant perdu ses privilèges lors de la nuit du 4 août 1789, elle assiste à la nationalisation de ses biens le 9 novembre et à la suppression de son clergé régulier le 13 février 1790.

  • L’identification de la question laïque : de la Déclaration des droits de l’homme au Concordat

    Jeu de cartes
    Après la « Première Terreur » anarchique de l’été 1792, le gouvernement révolutionnaire et son Comité de salut public instaurent un régime dictatorial. De septembre 1793 à juillet 1794, la Terreur s’installe en France. Robespierre, préparant l’affirmation solennelle de la liberté des cultes par le décret du 6 décembre 1793 rappelle que la Convention a pour intention : « de maintenir la liberté des cultes qu’elle a proclamée, et de réprimer en même temps tous ceux qui en abuseraient pour troubler l’ordre public ; elle ne permettra pas qu’on persécute les ministres paisibles du culte, et elle les punira avec sévérité toutes les fois qu’ils oseront armer les préjugés ou le royalisme contre la République. On a dénoncé des prêtres pour avoir dit la messe : ils la diront longtemps, si on les empêche de la dire. Celui qui veut les empêcher est plus fanatique que celui qui dit la messe ».
    D’après Normand fils. Jeu de carte sous le régime de la Terreur. XIXe siècle
    Gravure. 20,5 x 14,5 cm.
    Archives départementales du Val-de-Marne
    (6 FI A 205)

    Le 27 août 1790, le roi ratifie la Constitution civile du clergé. La carte religieuse se calque sur les découpages administratifs avec un système électoral s’appliquant aux curés comme aux évêques, dorénavant fonctionnaires rémunérés et logés par la Nation. Le 3 janvier 1791, la Constituante exige de tous les prêtres le serment de fidélité. Sur l’actuel territoire du Val-de-Marne, 85% des curés acceptent la démarche pour une moyenne nationale de 50%. Lorsqu’en mars 1791, le pape condamne la Constitution civile du clergé, seul le curé jureur de Charenton-Saint-Maurice se rétracte. Face au schisme, une lutte contre les prêtres réfractaires s’engage tandis que l’hostilité progresse vis à vis des prêtres constitutionnels.

  • L’identification de la question laïque : de la Déclaration des droits de l’homme au Concordat

    Gravure
    En signant le Concordat avec le pape Pie VII, Napoléon, conscient de l’attachement de la population à la religion, cherche la réconciliation générale tout en préférant lier les cultes à l’État pour mieux les contrôler. Il estime aussi que : « la société ne peut exister sans religion. Quand un homme meurt de faim à côté d’un autre qui regorge, il est impossible de lui faire admettre cette différence s’il n’y a pas là une autorité qui lui dise : « Dieu le veut ainsi, il faut qu’il y ait des pauvres et des riches dans le monde, mais ensuite et pendant l’éternité le partage se fera autrement ».
    Signature du Concordat.
    [début XXe siècle]
    Gravure extraite de Claude Augé, Maxime Petit, Premier livre d’histoire de France, Paris, in-8, s.d.
    Archives départementales du Val-de-Marne

    Après la chute de la royauté le 10 août 1792, les Jacobins au pouvoir engagent l’État dans une politique de déchristianisation. Ils laïcisent l’instruction, l’assistance, l’état civil. Ils admettent le divorce voyant dans le mariage un simple contrat civil. Ils interdisent le port du costume religieux, sauf aux ministres du culte pendant l’exercice de leurs fonctions. Ils encouragent le mariage des prêtres. Ils suppriment les cérémonies extérieures du culte. Ils adoptent un nouveau calendrier. Ils affirment de manière solennelle la liberté des cultes tout en fermant les églises, en faisant preuve d’iconoclasme et en cessant de verser les salaires des prêtres. Finalement, par le décret du 21 février 1795, ils proclament le régime de la séparation de l’Église et de l’État

  • L’identification de la question laïque : de la Déclaration des droits de l’homme au Concordat

    Manuscrit
    Durant l’automne et l’hiver 1793, pouvoir civil et surtout acteurs locaux, comme ici à Maisons-Alfort, s’engagent dans une politique de destruction des témoins du culte catholique cautionnant « la royauté et la tyrannie ». On brûle les saints de bois, les images pieuses et autres effets sans valeur et l’on remet à la Convention objets précieux, cuivre, plomb, grilles ou cloches.
    Extrait d’un procès-verbal.
    22 Brumaire An II [12 novembre 1793].
    Feuille manuscrite à entête de la Convention nationale avec sceau. 31 x 20 cm
    Archives départementales du Val-de-Marne
    (9 J Maisons-Alfort 2 D 1)

    Au lendemain du coup d’État du 19 brumaire, Bonaparte, dans une volonté d’apaisement et par opportunisme, décide de se réconcilier avec la papauté et de construire des liens nouveaux avec les protestants et les juifs. Avec le Concordat du 18 juillet 1801, il reconnaît que la religion catholique est la « religion de la grande majorité des Français ». L’État nomme les évêques investis spirituellement par le pape et contrôle le choix des curés fait par les évêques. Il met à la disposition du clergé toutes les églises et les presbytères non aliénés sous la Révolution en exigeant des desservants qui reçoivent de la collectivité un traitement un serment de fidélité. Avec les articles organiques du 18 avril 1802 non reconnus par le Saint-Siège, Napoléon crée une administration des cultes englobant les trois confessions existantes en France.

  • L’identification de la question laïque : de la Déclaration des droits de l’homme au Concordat

    Carte postale du Temple de Charenton.
    Édifié en 1889, ce temple, bâti en pierre de taille, enduit et ardoise, offre une façade austère caractéristique.
    Temple de Charenton. [vers 1910].
    [vers 1910].
    Carte postale. 8,5 x 13,5 cm.
    Archives départementales du Val-de-Marne
    (2 Fi Charenton 302)

    Les protestants doivent se regrouper en églises consistoriales et soumettre le choix de leurs pasteurs - qui prêtent eux aussi serment - à l’administration. Charenton-le-Pont peut ainsi renouer avec sa tradition de foyer protestant. Les juifs, seulement mentionnés en 1802, font l’objet d’un processus aboutissant en mars 1808 à la reconnaissance de la communauté. On crée un Consistoire central composé de rabbins et de laïcs obligés de prêter serment ; mais, contrairement aux deux autres cultes, on n’affecte pas le traitement des desservants et les frais cultuels à la charge de l’État. Quant au « décret infâme » offrant une législation discriminatoire pour les prêts à intérêt et les professions, on l’abandonne en 1818. Enfin, on offre un état civil à tous les Français de confession juive.

  • L’identification de la question laïque : de la Déclaration des droits de l’homme au Concordat

    Feuillet imprimé de Modèles de déclarations à faire par les juifs. 1808
    Par le décret impérial du 20 juillet 1808, Napoléon demande « aux sujets de notre Empire qui suivent le cadre hébraïque et qui, jusqu’à présent, n’ont pas eu de nom de famille et de prénom fixes, […] d’en adopter dans les trois mois de la publication de notre présent décret, et d’en faire la déclaration par devant l’officier de l’état civil de la commune où ils sont domiciliés ».». Il précise que que « ne seront point admis comme noms de famille, aucun nom tiré de l’Ancien Testament, ni aucun nom de ville. Pourront être pris comme prénoms, ceux autorisés par la loi du 11 germinal an XI ». À Saint-Maurice, le registre reste vide. Le maire certifie « qu’aucun Juif ne s’est présenté devant nous et qu’il n’est point à notre connaissance qu’aucune personne professant la religion hébraïque soit domiciliée dans la susdite commune ».
    Modèles de déclarations à faire par les juifs.
    1808
    Feuillets imprimés. 21,5 x 17 cm
    Archives départementales du Val-de-Marne
    (E dépôt Saint-Maurice 3 P 1)

    La période napoléonienne affirme la tutelle de l’État sur les Églises reconnues. Sous la Restauration, le catholicisme retrouve sa place de religion d’État. La France connaît alors un regain religieux important, notamment chez les protestants et les catholiques. De nouvelles communautés protestantes s’implantent comme à Nogent-sur-Marne. Le clergé catholique reconstitue ses effectifs : on compte 56 000 prêtres en 1870. Les grands ordres réapparaissent (jésuites, trappistes, bénédictins). Congrégations masculines et féminines se multiplient de même que les œuvres créées et dirigées par des laïcs. Durant le XIXe siècle, autorités municipales et clergé travaillent de conserve. Les municipalités affectent une partie de leur budget aux dépenses des cultes tandis que les paroisses doivent rendre des comptes. Face à ce renouveau, on assiste à la montée en puissance de l’anticléricalisme.

  • La montée en puissance de l’anticléricalisme : entre Franc-maçonnerie et Libre Pensée

    Haut relief
    En choisissant de représenter François-Vincent Raspail dans une couronne de chêne entouré de diables aux oreilles de bouc, à la queue de serpent et tirant, pour certains, la langue, le sculpteur situe bien le personnage entre science glorifiée et Libre Pensée anticléricale. Né à Carpentras en 1794 dans un milieu catholique, François-Vincent Raspail entre au séminaire d’Avignon très jeune. En 1816, il rejoint la capitale pour suivre des études de droit puis de médecine. Fondateur de la cytochimie, médecin des pauvres au prestige et à la popularité importante, cet homme de Midi rompt avec la tradition familiale en adhérant à la Libre Pensée et à la Franc-Maçonnerie. Sous la Restauration, il publie Les Missionnaires en opposition avec les bonnes mœurs qui fait scandale. En 1830, il participe aux Trois Glorieuses. Sous la Monarchie de juillet, il poursuit le combat dans des sociétés secrètes. Condamné et emprisonné, il décide à sa sortie de prison de fonder son propre journal, Le Réformateur. Lors de l’insurrection parisienne de février 1848, il proclame la République à l’Hôtel de Ville et crée un nouveau périodique L’Ami du peuple qui paraît jusqu’au 14 mai. Prenant part aux émeutes du 15 mai, il est de nouveau arrêté et mis en détention. Les socialistes en font leur candidat à la présidence de la République mais n’obtiennent que 40000 voix. Condamné à 6 ans de prison, il arrive à obtenir la commutation de sa peine en bannissement. De retour en France en 1863, il ne se satisfait pas des premiers gouvernements de la IIIe République. Élu député de Marseille, il garde jusqu’à la fin de sa vie ses convictions et son militantisme.
    H. Beaumont. François-Vincent Raspail. Damnatus ad bestias.
    1874-1875.
    Haut-relief en bois. 58 x 64 cm.
    Archives départementales du Val-de-Marne
    (69 J 1530)

    Dans Les sœurs Rondoli, Guy de Maupassant donne la parole à un franc-maçon déclarant :

    « Nous élevons religion contre religion. Nous faisons de la libre pensée l’arme qui tuera le cléricalisme. La Franc-maçonnerie est la citadelle où sont enrôlés tous les démolisseurs de divinités ».

    Au delà de l’exagération littéraire, le témoignage reflète bien le climat des années 1880 et les liens qui existent entre Franc-Maçonnerie et Libre Pensée dans une volonté commune de laïciser l’État et la société française. Bibliothèque, correspondance, photographies et représentation sculptée de François-Vincent Raspail et de son fils Benjamin -arcueillais d’adoption - l’attestent.

  • La montée en puissance de l’anticléricalisme : entre Franc-maçonnerie et Libre Pensée

    Calendrier
    Calendrier maçonnique du Grand Orient de France. 108e année.
    [1880]
    Ouvrage. Paris, secrétariat général du Grand Orient de France, 16 rue Cadet. In-8.
    Archives départementales du Val-de-Marne
    (69 J 933)

    Le XIXe siècle marque une période d’expansion de la Franc-maçonnerie. À partir des années 1860 nombre de maçons s’engagent dans le combat laïque. En 1865, le Grand Orient proclame qu’il « regarde la liberté de conscience comme un droit propre à chaque homme et n’exclut personne pour ses croyances ». En 1866, le frère Jean Macé fonde la Ligue française de l’enseignement pour rendre l’instruction obligatoire, gratuite et laïque.

    Ce caractère anticlérical de plus en plus accentué prend tout son essor sous la IIIe République. Tout en participant à l’affermissement du nouveau régime, le Grand Orient affirme que :« la franc-maçonnerie, institution essentiellement philanthropique et progressive, a pour objet la recherche de la vérité, l’étude de la morale universelle, des sciences et des arts et l’exercice de la bienfaisance. Elle a pour principe la liberté absolue de conscience et la solidarité humaine (…). Elle a pour devise : liberté, égalité, fraternité ».

  • La montée en puissance de l’anticléricalisme : entre Franc-maçonnerie et Libre Pensée

    Photographie de la Tombe du libre penseur. Cimetière d’Alfortville.
    Tombe du libre penseur. Cimetière d’Alfortville.
    Janvier 2005
    Photographie (©Fabienne Marié-Maillet), DAD 94). 31 x 15 cm
    Archives départementales du Val-de-Marne

    Réflexion, études mais aussi influence politique s’entrecroisent. Des hauts dirigeants de l’État sont franc-maçons tels Jules Ferry ou Émile Combes mais aussi des sénateurs, des députés et des maires. Sur l’actuel territoire val-de-marnais, Ferdinand Laurent, premier magistrat d’Alfortville de 1892 à 1893, fait partie de cette fraternité secrète tout en adhérant à la Libre Pensée. Henri Vaudémont, conseiller municipal de Joinville-le-Pont, est officier du Grand Orient, rédacteur en chef de de La Voix des communes dans lequel il tient un Bulletin maçonnique et de libre-pensée. Les loges se multiplient et grossissent leurs effectifs. L’École Nationale Vétérinaire de Maisons-Alfort en accueille une, Vincennes aussi. En 1905, le Grand Orient de France compte plus de 90000 membres et soutient activement le parti radical dans le vote de la loi de Séparation.

  • La montée en puissance de l’anticléricalisme : entre Franc-maçonnerie et Libre Pensée

    Couverture d'un hebdomdaire
    La Semaine anti-cléricale. 3ème année. N° 153.
    23 septembre 1882
    Hebdomadaire. In-8.
    Archives départementales du Val-de-Marne
    (69 J 738)

    Cette volonté d’abroger le Concordat se retrouve dans la Libre Pensée qui se définit comme « « la recherche de la vérité sur la nature, l’origine et la fin de l’homme ». Les premières associations de libres penseurs apparaissent sous la Seconde République. À ces expériences fondatrices de 1848 succède l’élan des années 1860 dans un contexte d’évolution plus libérale du Second Empire.

  • La montée en puissance de l’anticléricalisme : entre Franc-maçonnerie et Libre Pensée

    Couverture d'un périodique
    Le Réprouvé. N° 2.
    Dimanche 8 septembre 1872
    Périodique. Paris, 8 rue Saint-Dominique. In-8
    Archives départementales du Val-de-Marne
    (69 J 699)

    Avec l’arrivée des Républicains au pouvoir, le mouvement prend de l’importance. En 1880, on compte treize sociétés à Paris, onze dans les départements de la Seine et de la Seine-et-Oise. La même année, l’Union démocratique de propagande anti-cléricale dont fait partie Benjamin Raspail voit le jour. La Semaine anti-cléricale commence sa parution. Si les associations nationales recrutent chez les parlementaires, les conseillers généraux et les francs-maçons, les groupes locaux se distinguent par un engagement plus populaire. À Alfortville, Michel Claa, ouvrier mécanicien, choisit l’inhumation civile. Dans cette commune, les libres penseurs se montrent très actifs. Dans un premier temps, en 1890, rattachés au groupe « La Raison » de Bry-sur-Marne dirigée par Henri Vaudémont, ils créent en 1894 - sous l’impulsion du maire Paul Gabriel Meynet - leur propre société en choisissant de s’appeler « la Vérité sociale ».

  • La montée en puissance de l’anticléricalisme : entre Franc-maçonnerie et Libre Pensée

    Ouvrage
    Léo Taxil (1854-1907). La confession et les confesseurs.
    1882
    Ouvrage. Paris, en vente chez l’auteur. In-8.
    Archives départementales du Val-de-Marne
    (69 J 740)

    Pour propager leurs idées, les libres penseurs organisent des conférences auxquelles ils convient des parlementaires. Ils se rencontrent aussi dans des banquets où l’on mange le gras-double le vendredi saint. Enfin, ils se servent du monde de l’édition à travers la presse, la chanson, l’almanach et l’histoire dans des attaques souvent très violentes de l’Église et de son clergé.

    C’est dans ce climat de tension voire de haine que s’impose la laïcisation de l’État soutenue par les francs-maçons et les libres penseurs et voulue par une République anticléricale.

  • La mise en œuvre de la laïcisation : des lois Ferry aux lois communales

    Caricature
    Charles-Felix Gir (1883-1941). Caricature publiée dans L’assiette au Beurre
    4 décembre 1909
    Hebdomadaire. In-4.
    Collection particulière.

    Dans Bouvard et Pécuchet de Gustave Flaubert, la subordination du maître d’école au curé ne fait aucun doute. L’instituteur Alexandre Petit doit se plier aux avertissements de l’abbé Jeufroy :

    « L’heure du catéchisme est trop courte !
    Petit leva les épaules.
    - Faites attention. Vous perdrez vos pensionnaires !
    Les dix francs par mois de ces élèves étaient le meilleur de sa place.
    Mais la soutane l’exaspérait.
    - Tant pis, vengez-vous !
    - Un homme de mon caractère ne se venge pas, dit le prêtre sans s’émouvoir.
    Seulement, je vous rappelle que la loi du 15 mars nous attribue la surveillance de l’instruction primaire ».

  • La mise en œuvre de la laïcisation : des lois Ferry aux lois communales

    Ouvrage d’instruction civique
    Paul Bert (1833-1886). L’instruction civique à l’école. Édition spéciale pour les garçons. (13e édition).
    1883
    Ouvrage. Paris, librairie Picard-Bernheim et Cie. In-8.
    Archives départementales du Val-de-Marne
    (1 J 1301 (75))

    À la satisfaction de Monseigneur Dupanloup, membre de la commission préparant la loi Falloux du 15 mars 1850, l’éducation n’est plus isolée de la religion. Selon l’article 44, « Les ministres des différents cultes, sont spécialement chargés de surveiller l’enseignement religieux de l’école. L’entrée de l’école leur est toujours ouverte ». Les catholiques consolident leur position dans l’enseignement, notamment dans le primaire. Les congrégations multiplient leurs établissements.

  • La mise en œuvre de la laïcisation : des lois Ferry aux lois communales

    Ouvragede leçons de morale
    L. Villain. La lecture du jour complémentaire des leçons de morale, d’éducation civique, d’histoire, de géographie et de sciences. Cours élémentaire.
    Sans date [fin XIXe siècle]
    Ouvrage. Paris, librairie Ch. Delagrave. In-12.
    Archives départementales du Val-de-Marne
    (1 J 1301 (22))

    Avec la loi du 10 avril 1867, Victor Duruy essaye de donner davantage de poids à l’école publique « contre les cléricaux qui vivent de ténèbres, en faisant la lumière ; contre les républicains, en leur arrachant une arme des mains mains » en préconisant la gratuité. La Ligue française de l’Enseignement, fondée un an plus tôt, popularise les thèmes de la gratuité, de l’obligation et de la laïcité mis en œuvre par Paul Bert et Jules Ferry. Gratuite depuis la loi du 16 juin 1881, l’école devient obligatoire pour les enfants de 6 à 13 ans et laïque à partir du 28 mars 1882. L’école primaire doit enseigner aux enfants la lecture, l’écriture et le calcul.

  • La mise en œuvre de la laïcisation : des lois Ferry aux lois communales

    Affiche
    Paroisse d’Ivry-sur-Seine. Catéchismes. Année 1887-1888.
    1887
    Affiche. 60 x 40 cm.
    Archives communales d’Ivry-sur-Seine
    ( P 322)

    L’histoire prend une place importante. Tout en légitimant l’œuvre de la IIIe République, l’école cherche à développer l’amour de la patrie. Morale et instruction civique font partie des programmes : la journée commence non plus par la prière mais par une leçon de morale. Au nom de la neutralité confessionnelle, l’instruction religieuse devient une matière facultative enseignée en dehors de la classe. Inscrire son enfant au catéchisme, lui faire faire sa communion relève d’un choix privé.

  • La mise en œuvre de la laïcisation : des lois Ferry aux lois communales

    Photo de la Sortie de communion. Église du Plessis-Trévise.
    Sortie de communion. Église du Plessis-Trévise.
    Juin 1914
    Photographie. 8,5 x 13,5 cm.
    Société historique du Plessis-Trévise

    Les communes val-de-marnaises accompagnent favorablement la sécularisation de l’institution scolaire. Gagnées par l’anticléricalisme, elles n’hésitent pas à dénoncer le Concordat et à émettre en conseil municipal des vœux de séparation des Églises et de l’État. Certaines soutiennent l’essor des cérémonies civiles. À Alfortville, à Charenton-le-Pont, à Ivry-sur-Seine, à Villeneuve-Saint-Georges, des sociétés se créent pour « « prêter concours et assistance, au besoin son aide, aux personnes qui lui demandent, en vue de la célébration, sans le concours d’aucune manifestation religieuse, des actes importants de la vie civile ». Adoption civique, fête de la jeunesse, mariage à la mairie et inhumation civile inventent un nouveau rituel mettant en avant l’esprit républicain. À cette laïcisation des étapes de la vie s’ajoute une sécularisation de l’espace communal.

  • La mise en œuvre de la laïcisation : des lois Ferry aux lois communales

    La laïcisation des cérémonies
    Janvier 2005
    Film. Montage audiovisuel
    ©Archives départementales du Val-de-Marne

    Les municipalités interdisent les cérémonies extérieures du culte par des arrêtés mettant généralement en avant les entraves à la circulation. Les processions, notamment celle de la Fête Dieu se voient proscrites. Leurs cérémonials (jets de pétales de roses, chants, dais, vêtements liturgiques, bannières et statues « portent atteinte aux sentiments des libres penseurs et des adeptes des cultes dissidents » selon le maire de Villejuif. Les convois funèbres n’échappent pas non plus à la réglementation. La sonnerie des cloches pose problème. Quant au port de la soutane, on le remet aussi en cause. En 1900, au Kremlin-Bicêtre, Eugène Thomas est le premier maire de France à interdire le port de la soutane sur le territoire de sa commune. Le curé de la paroisse n’accepte pas la décision. Il porte plainte et obtient gain de cause auprès du Conseil d’État qui casse l’arrêté.

  • La mise en œuvre de la laïcisation : des lois Ferry aux lois communales

    Photo
    La laïcisation des cérémonies.

    Les municipalités interdisent les cérémonies extérieures du culte par des arrêtés mettant généralement en avant les entraves à la circulation. Les processions, notamment celle de la Fête Dieu se voient proscrites. Leurs cérémonials (jets de pétales de roses, chants, dais, vêtements liturgiques, bannières et statues « portent atteinte aux sentiments des libres penseurs et des adeptes des cultes dissidents » selon le maire de Villejuif. Les convois funèbres n’échappent pas non plus à la réglementation. La sonnerie des cloches pose problème. Quant au port de la soutane, on le remet aussi en cause. En 1900, au Kremlin-Bicêtre, Eugène Thomas est le premier maire de France à interdire le port de la soutane sur le territoire de sa commune. Le curé de la paroisse n’accepte pas la décision. Il porte plainte et obtient gain de cause auprès du Conseil d’État qui casse l’arrêté.

    Les luttes sont parfois vives entre les autorités locales et les institutions religieuses. Dans un climat tendu, la France radicale s’achemine vers la Séparation.

  • La République radicale ou le « petit père » Combes : de l’affaire Dreyfus à la loi de Séparation

    Dessin
    Francis Martin. Vue de la procession de la Fête Dieu à Villeneuve-Saint-Georges.
    1859
    Dessin à la plume. 20 x 31 cm
    Archives départementales du Val-de-Marne
    (2 J 183/23)

    Lorsqu’en janvier 1898, Émile Zola publie dans l’Aurore une lettre ouverte au président de la République intitulée « J’accuse ! », il rend publique l’affaire Dreyfus cristallisant des tensions politiques profondes. En 1894, Alfred Dreyfus, officier d’origine israélite, est condamné au bagne pour espionnage au profit de l’Allemagne. En 1896, le colonel Picquart acquiert la certitude de l’innocence de l’accusé mais n’arrive pas à faire réviser le procès. Face à un courant antisémite mené par Drumont dans La Libre parole, l’intervention de Zola déchaîne les passions pour ou contre Dreyfus. En septembre 1898, la révélation que l’affaire repose sur un faux écrit par le colonel Henry provoque le suicide de ce dernier. Un procès en révision a lieu. Déclaré coupable mais avec des circonstances atténuantes, le capitaine est aussitôt gracié puis finalement réhabilité en 1906.

  • La République radicale ou le « petit père » Combes : de l’affaire Dreyfus à la loi de Séparation

    Affiche
    Eugène Thomas (Maire du Kremlin-Bicêtre de 1897 à 1919). Arrêté interdisant le port de la soutane.
    10 septembre 1900.
    Affiche. Imprimerie administrative Carbonne, place de l’église, Montreuil-sous-Bois. 30 x 20 cm.
    Archives départementales du Val-de-Marne
    (9 J Kremlin-Bicêtre 1 F 2)

    Les élections de 1902 permettent au bloc des gauches dominé par les radicaux d’accéder au pouvoir. Waldeck-Rousseau se retire pour laisser la place au radical Émile Combes. Le « petit père » Combes fait appliquer la loi de 1901 avec une grande vigueur. Il refuse le principe de rétroactivité pour les écoles congréganistes ouvertes avant 1901. En mars 1903, il fait rejeter par la Chambre des demandes d’autorisation présentées par cinquante-quatre congrégations. Le courrier du préfet de la Seine au maire de Gentilly montre que les autorités locales doivent veiller à ce qu’aucun établissement ne s’ouvre « subrepticement ». Fin 1903, le président du Conseil dépose un projet de loi visant à interdire tout enseignement aux congrégations, même autorisées, qui auront dix ans pour fermer leurs écoles. La proclamation de la loi le 7 juillet 1904 suscite de vives réactions chez les catholiques. Plus de 3000 établissements sont concernés sur l’ensemble du territoire. À Ivry-sur-Seine, le Rayon, revue mensuelle de l’Institut Populaire catholique parle de « fermeture arbitraire » privant la ville de ses trois écoles libres « ce qui met plus de six cents familles de notre population dans la nécessité d’envoyer leurs enfants dans des écoles qui ne sont pas de leur choi ». À Maisons-Alfort, le curé de la paroisse Saint-Rémi « demande une prière spéciale pour les religieux dont les écoles vont être fermées ».

  • La République radicale ou le « petit père » Combes : de l’affaire Dreyfus à la loi de Séparation

    Couverture d'un périodique
    Dans la polémique qui oppose la municipalité du Kremlin-Bicêtre à son curé, un article intitulé «Notre soutane » et signé « Un vieil ami » tient à expliquer cette « question toute d’actualité […]. Mais, pourquoi le prêtre, au sortir de l’église, garde-t-il la soutane, alors que le magistrat dépose sa toge, aussitôt qu’il a fini de siéger ? La raison en est simple. La soutane n’est pas seulement un insigne spécial des fonctions religieuses comme l’aube ou la chasuble qui ne servent qu’au moment du saint Sacrifice. Elle indique un état de vie et à ce titre ne doit pas être quittée […]. Ah ! combien le prêtre aime sa soutane ! […] N’est-il pas fier de ce vêtement qu’ont porté tant de héros et tant de saints ? ».
    Œuvres catholiques du Kremlin-Bicêtre. Notre Cloche.
    Janvier-février 1901
    Périodique. 3ème année. In-4.
    Archives départementales du Val-de-Marne
    (9 J Kremlin-Bicêtre 10 C 1)

    Dans le même temps, un conflit diplomatique éclate entre la France et le Saint-Siège. En avril 1904, le président de la république, Émile Loubet, rend visite au roi d’Italie. Pie X, qui considère le souverain italien comme le spoliateur des États pontificaux, proteste secrètement auprès des gouvernements catholiques de la démarche française. Les relations sont rompues entre Paris et le Vatican. Après avoir mis en chantier un projet de séparation des Églises et de l’État, Combes ne résiste pas au scandale des fiches lorsqu’on découvre qu’il recense les fonctionnaires fréquentant la messe. Il démissionne en janvier 1905. La Chambre nomme une commission chargée d’aboutir à la Séparation. Aristide Briand, son rapporteur, veut une loi « franche, loyale et honnête ». Votée en juillet, la loi promulguée le 9 décembre 1905 comporte six parties. Après un exposé des principes (articles 1-2), elle s’intéresse à l’attribution des biens et des pensions (articles 3-11). Elle consacre ensuite un titre aux édifices des cultes (articles 12-17), un autre aux associations pour l’exercice des cultes (articles 18-24) en terminant par la police des cultes ( articles 25-36) et des dispositions générales (article 37-44). Le texte explique que « la République assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes » (article 1).

  • La République radicale ou le « petit père » Combes : de l’affaire Dreyfus à la loi de Séparation

    Affiche
    Hyacinthe Emmanuel Reulos (Maire de Villejuif de 1881 à 1904). Arrêté concernant l’interdiction des manifestations religieuses sur la voie publique.
    20 février 1903
    Affiche. Imprimerie de Vitry, Courtin, place de la Mairie. 55 x 42,5 cm
    Archives départementales du Val-de-Marne
    (9 J Villejuif Saint-Cyr et Sainte-Julitte 2 F)

    L’État n’impose pas de religion puisqu’il « ne reconnaît, ne subventionne, ne salarie aucun culte » (article 2). La gestion des biens d’Église sera attribuée, après inventaire, à des associations cultuelles de fidèles (article 4). En cas de conflit sur la gestion des patrimoines, le Conseil d’État tranchera (article 8). Les édifices servant à l’exercice public des cultes au logement de leurs ministres « ainsi que leurs dépendances immobilières, et les objets mobiliers qui les garnissaient au moment où lesdits édifices ont été remis aux cultes, sont et demeurent la propriété de l’État » (article 12). Ce droit de regard de l’État s’accompagne d’éventuels classements artistiques et historiques des édifices servant aux cultes (article 16).

    Juifs et protestants acceptent la Séparation et la constitution d’associations cultuelles ; les protestants libéraux les ont même encouragées. Dès 1903, Francis de Pressensé proposait une loi de séparation alors que le huguenot Méjan participe à l’élaboration de la Séparation de 1905. Il faut dire qu’il n’en va pas de même des catholiques. L’application de la loi suscite bien des affrontements.

  • L’application de la loi de Séparation : de l’affrontement à l’apaisement

    Publication Journal officiel
    Loi du 9 décembre 1905.
    Publication le 11 décembre 1905
    Journal officiel. In-4.
    Archives départementales du Val-de-Marne
    (2 K 1847)

    Dans son encyclique Vehementer Nos du 11 février 1906, Pie X prend position contre la Séparation :

    « Nous condamnons la loi votée en France (…) comme profondément injurieuse vis-à-vis de Dieu, qu’elle renie officiellement en posant le principe que la République ne reconnaît aucun culte (..). Nous la réprouvons et condamnons comme gravement offensante pour la dignité de ce siège apostolique, pour Notre personne, pour l’épiscopat, pour le clergé et pour tous les catholiques français ».

    L’épiscopat et le clergé français s’unissent autour du souverain pontife. Ils refusent les associations cultuelles qui pour eux, « telles que la loi les impose, ne peuvent absolument pas être formées sans violer les droits sacrés qui tiennent à la vie même de l’Eglise ».

  • L’application de la loi de Séparation : de l’affrontement à l’apaisement

    Photo d'une statue
    Sainte-Agnès. Paroisse de Saint-Rémi (Maisons-Alfort).
    Fin XIXe siècle
    Statue en plâtre polychrome. 60 x 19 cm
    Musée de Maisons-Alfort. Association Maisons-Alfort Mille ans d’histoire.

    Ils y voient « un petit groupe de personnes, à qui la loi donne le droit de choisir le curé et de le renvoyer à son gré, sans tenir compte de l’Évêque ni du Pape ». L’épreuve de force a lieu lors de la mise en œuvre des inventaires en février et mars 1906 d’autant que le pape recommande « de répondre à l’iniquité par la justice, aux outrages par la douceur ». Le plus souvent, les fidèles et leur curé se manifestent par une résistance passive avec la simple lecture d’une protestation ou l’envoi d’un article à la presse comme à Ivry-sur-Seine. Dans l’église de Bry-sur-Marne, les cloches sonnent, les femmes prient, des chants résonnent mais l’inventaire a lieu, comme le notent les télégrammes officiels pour d’autres communes val-de-marnaises « sans incident ». Parfois, l’opposition donne lieu à des épreuves de force.

  • L’application de la loi de Séparation : de l’affrontement à l’apaisement

    Drapeau de procession
    Paroisse Saint-Pierre-Saint-Paul. Confrérie du Saint-Sacrement (Ivry-sur-Seine). Drapeau de procession
    1911-1915
    Assemblage de tissu bleu, blanc, rouge avec broderies et frange en or. 114 x 95 cm.
    Archives communales d’Ivry-sur-Seine.

    À Villeneuve-Saint-Georges, l’échange de correspondance entre le maire et le desservant de la paroisse révèle un climat tendu. Le jour de l’inventaire, des cantiques résonnent tandis que le curé, devant des journalistes, prononce un discours «énergique ». Les agents de l’administration du domaine trouvent des portes fermées qu’ils enfoncent à coup de hache.

    En décembre 1906, on franchit une nouvelle étape dans l’application de la loi. En vertu de l’article 4, les conseils de fabrique doivent clore leurs comptes. L’archevêché de Paris fournit des instructions pratiques recommandant de protester verbalement contre les événements. À Ivry-sur-Seine, un abbé fait imprimer un tract dans lequel il parle de « vexations », d’« injures ». À Saint-Maurice, le curé choisit l’affichage pour dénoncer son expulsion du presbytère.

  • L’application de la loi de Séparation : de l’affrontement à l’apaisement

    Des desservants, il en est aussi question dans l’article 11 qui leur prévoit une rente selon l’âge et les années d’activité sacerdotale. Progressivement, selon l’article 7, «les biens mobiliers et immobiliers grevés d’une affectation charitable ou de toute autre affectation étrangère à l’exercice du culte » sont attribués à des établissements publics. En janvier 1912, le président de la République Armand Fallières signe un décret attribuant les biens de la fabrique d’Ablon au bureau de bienfaisance et à l’hospice de la commune.

    Face à la condamnation pontificale des associations cultuelles le 10 août 1906, l’État français décide par la loi du 7 janvier 1907 d’autoriser les catholiques à exercer leur culte sans constituer d’associations. Les heurts s’amoindrissent. Avec la Première guerre mondiale, les tensions s’apaisent encore plus. La dureté des combats et les souffrances communes rapprochent les « deux France ».

  • L’application de la loi de Séparation : de l’affrontement à l’apaisement

    Télégramme
    Télégramme sur le déroulement des inventaires.
    Février-mars 1906
    Fiche papier dactylographiée. 13,7 cm x 24,6 cm.
    Archives départementales du Val-de-Marne
    (5 V 10)

    24 000 prêtres et 9 000 religieux participent à la mobilisation. Ils se distinguent comme aumôniers, infirmiers, brancardiers ou simples combattants. 4500 membres du clergé perdent la vie durant le conflit. Au front comme à l’arrière, les catholiques montrent leur attachement à la patrie. À Ivry-sur-Seine, la paroisse Saint-Pierre-Saint-Paul qui dispose déjà depuis 1911 d’un drapeau aux couleurs de la France fait figurer, à partir de 1915, la confrérie du Saint-Sacrement. Dans le contexte de la victoire, les catholiques associés au Bloc national s’acheminent vers une acceptation de la laïcisation. Jacques Piou, fondateur en 1893 de la Droite républicaine, déclare que « le fait de la laïcité de l’État doit se concilier avec les droits et les libertés de tous les citoyens à quelque croyance qu’ils appartiennent ». Les années 1920 marquent un tournant. On cesse les poursuites anticongréganistes.

  • L’application de la loi de Séparation : de l’affrontement à l’apaisement

    Affiche
    P. Feret (curé de Saint-Maurice). Le Curé de Saint-Maurice à ses paroissiens au sujet de son expulsion du presbytère.
    Sans date [vers 1909]
    Affiche. Charenton. Imprimerie L. Joly. 42,5 x 30,5 cm
    Archives départementales du Val-de-Marne
    (E dépôt Saint-Maurice 2 M 2)

    L’Alsace et la Moselle retrouvées reprennent le système concordataire de 1801. Jeanne d’Arc est canonisée en mai 1920. Elle symbolise aussi bien l’héroïsme au service de la patrie que le martyre de la foi. En mai 1921, L’État français renoue des relations diplomatiques avec le Saint-Siège et arrive à conclure un accord sur la nomination des évêques qui revient à la papauté sensibilisée aux possibles objections politiques du gouvernement. Le temps de l’apaisement s’affirme dans la réalité quotidienne des communes. En janvier 1924, Pie XI en acceptant, dans son encyclique