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Paul Camous (1922-2017)

Premier préfet du Val-de-Marne

Paul Camous, premier préfet délégué du Val-de-Marne, a incarné la représentation de l’Etat dans le tout jeune département de 1964 à 1967. De ses débuts dans le corps préfectoral en tant que chef de cabinet du préfet des Alpes Maritimes jusqu’à la fin de sa carrière, ce provincial passionné de la chose publique, licencié ès Lettres de la faculté de Lettres et de Droit d’Aix-en-Provence, a incarné l’idéal-type du haut fonctionnaire et la figure du préfet modernisateur et bâtisseur. Sa mission de préfet « pionnier » du Val-de-Marne a marqué durablement ce jeune département né le 10 juillet 1964.

Du 19 septembre 1964, date de sa nomination dans le Val-de-Marne, jusqu’à son départ en avril 1967 au cabinet d’Oliver Guichard, ministre de l’Industrie, Paul Camous s’est attaché avec passion à mettre en place l’administration préfectorale et à administrer le département. Parmi ses premières responsabilités, l’urbanisme et l’habitat sont aux avant-postes. Confronté à la plaie saignante des bidonvilles, Paul Camous a été le premier préfet de la région parisienne à faire appliquer, sur le territoire de Champigny-sur-Marne où vivaient plus de 10 000 Portugais, la loi Debré sur la résorption des bidonvilles. À Créteil, chef-lieu du nouveau département, il a préfiguré avec l’architecte Daniel Badani le chantier de construction d’une préfecture monumentale destinée à regrouper dans un même édifice les services de la préfecture, du conseil général et une partie des services extérieurs de l’État, intégrée dans un vaste projet d’aménagement de la ville.

«Faire connaître et reconnaître la réforme » de juillet 1964 en insufflant « une conscience collective » est le leit-motiv de sa feuille de route, pari audacieux sur l’avenir, tant le territoire val-de-marnais de 244 km2 est hétéroclite. Il la fait sienne et, en « passionné de l’information » et de la communication, il use de tous les moyens de l’époque pour « créer l’adhésion » et faire naître ainsi un « sentiment d’appartenance à une collectivité nouvelle » : interviews dans la presse locale et nationale, interviews à la radio et dans les émissions de télévision régionale, visites aux élus et aux organisations syndicales et associatives, diffusion de dépliants consacrés à la réforme et au Val-de-Marne... De la promotion de sa voiture, une DS noire portant la première plaque d’immatriculation du département « 1A94 », à son installation au « château des Mèches » à Créteil, préfecture provisoire, en passant par la naissance d’une presse locale dédiée au Val-de-Marne, tout a été mis en scène afin de créer les « éléments psychologiques important à la réussite de la réforme administrative de la région parisienne ». L’inventivité n’a pas manqué au préfet délégué. La création du bulletin d’information Connaissance du Val-de-Marne et la série de planches parue régulièrement entre 1966-1967 dans le journal France Soir 94, « Astérix au Val-de-Marne », née de son amitié avec le scénariste de bande-dessinée René Goscinny, en constituent les témoignages les plus marquants.