porte-document
-A A +A

Le cheval de boucherie : un débat de société entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle

Carte postale
Ivry. Rue Voltaire [boucherie chevaline].
[Vers 1910]
Carte postale. 8,5 x 13,5 cm
Archives départementales du Val-de-Marne
(31 Fi Ivry 8)

Selon la célèbre légende de Solutré bâtie autour de la découverte, en 1866, d’un important gisement d’ossements de chevaux, les hommes du Paléolithique supérieur (entre 35 000 et 10 000 avant notre ère) auraient précipité pour les manger des milliers de chevaux sauvages. C’est en réalité au pied de l’escarpement rocheux que les chasseurs traquent puis abattent les animaux qu’ils dépècent et boucanent sur place. Cette vaste boucherie hippophagique montre l’ancienneté de la consommation de la viande chevaline pratiquée ensuite par la plupart des nations de l’Antiquité puis interdite beaucoup plus tard sous l’Ancien Régime. La royauté française agit au nom de principes philosophiques et religieux rappelant la relation fusionnelle de l’homme et du cheval mais aussi parce qu’elle craint la vente de carcasses d’équarrissage.

Au XIXe siècle, à une période où production et consommation de viande augmentent en général considérablement, les interventions de grandes personnalités telles Antoine Auguste Parmentier, inspecteur général du Service de santé sous Napoléon Ier, Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, professeur de zoologie au Museum d’histoire naturelle de Paris, et Émile Decroix, vétérinaire militaire, remettent la viande de cheval à l’honneur.