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La République radicale ou le « petit père » Combes : de l’affaire Dreyfus à la loi de Séparation

Affiche
Eugène Thomas (Maire du Kremlin-Bicêtre de 1897 à 1919). Arrêté interdisant le port de la soutane.
10 septembre 1900.
Affiche. Imprimerie administrative Carbonne, place de l’église, Montreuil-sous-Bois. 30 x 20 cm.
Archives départementales du Val-de-Marne
(9 J Kremlin-Bicêtre 1 F 2)

Les élections de 1902 permettent au bloc des gauches dominé par les radicaux d’accéder au pouvoir. Waldeck-Rousseau se retire pour laisser la place au radical Émile Combes. Le « petit père » Combes fait appliquer la loi de 1901 avec une grande vigueur. Il refuse le principe de rétroactivité pour les écoles congréganistes ouvertes avant 1901. En mars 1903, il fait rejeter par la Chambre des demandes d’autorisation présentées par cinquante-quatre congrégations. Le courrier du préfet de la Seine au maire de Gentilly montre que les autorités locales doivent veiller à ce qu’aucun établissement ne s’ouvre « subrepticement ». Fin 1903, le président du Conseil dépose un projet de loi visant à interdire tout enseignement aux congrégations, même autorisées, qui auront dix ans pour fermer leurs écoles. La proclamation de la loi le 7 juillet 1904 suscite de vives réactions chez les catholiques. Plus de 3000 établissements sont concernés sur l’ensemble du territoire. À Ivry-sur-Seine, le Rayon, revue mensuelle de l’Institut Populaire catholique parle de « fermeture arbitraire » privant la ville de ses trois écoles libres « ce qui met plus de six cents familles de notre population dans la nécessité d’envoyer leurs enfants dans des écoles qui ne sont pas de leur choi ». À Maisons-Alfort, le curé de la paroisse Saint-Rémi « demande une prière spéciale pour les religieux dont les écoles vont être fermées ».