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La République radicale ou le « petit père » Combes : de l’affaire Dreyfus à la loi de Séparation

Couverture d'un périodique
Dans la polémique qui oppose la municipalité du Kremlin-Bicêtre à son curé, un article intitulé «Notre soutane » et signé « Un vieil ami » tient à expliquer cette « question toute d’actualité […]. Mais, pourquoi le prêtre, au sortir de l’église, garde-t-il la soutane, alors que le magistrat dépose sa toge, aussitôt qu’il a fini de siéger ? La raison en est simple. La soutane n’est pas seulement un insigne spécial des fonctions religieuses comme l’aube ou la chasuble qui ne servent qu’au moment du saint Sacrifice. Elle indique un état de vie et à ce titre ne doit pas être quittée […]. Ah ! combien le prêtre aime sa soutane ! […] N’est-il pas fier de ce vêtement qu’ont porté tant de héros et tant de saints ? ».
Œuvres catholiques du Kremlin-Bicêtre. Notre Cloche.
Janvier-février 1901
Périodique. 3ème année. In-4.
Archives départementales du Val-de-Marne
(9 J Kremlin-Bicêtre 10 C 1)

Dans le même temps, un conflit diplomatique éclate entre la France et le Saint-Siège. En avril 1904, le président de la république, Émile Loubet, rend visite au roi d’Italie. Pie X, qui considère le souverain italien comme le spoliateur des États pontificaux, proteste secrètement auprès des gouvernements catholiques de la démarche française. Les relations sont rompues entre Paris et le Vatican. Après avoir mis en chantier un projet de séparation des Églises et de l’État, Combes ne résiste pas au scandale des fiches lorsqu’on découvre qu’il recense les fonctionnaires fréquentant la messe. Il démissionne en janvier 1905. La Chambre nomme une commission chargée d’aboutir à la Séparation. Aristide Briand, son rapporteur, veut une loi « franche, loyale et honnête ». Votée en juillet, la loi promulguée le 9 décembre 1905 comporte six parties. Après un exposé des principes (articles 1-2), elle s’intéresse à l’attribution des biens et des pensions (articles 3-11). Elle consacre ensuite un titre aux édifices des cultes (articles 12-17), un autre aux associations pour l’exercice des cultes (articles 18-24) en terminant par la police des cultes ( articles 25-36) et des dispositions générales (article 37-44). Le texte explique que « la République assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes » (article 1).