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L’identification de la question laïque : de la Déclaration des droits de l’homme au Concordat

Jeu de cartes
Après la « Première Terreur » anarchique de l’été 1792, le gouvernement révolutionnaire et son Comité de salut public instaurent un régime dictatorial. De septembre 1793 à juillet 1794, la Terreur s’installe en France. Robespierre, préparant l’affirmation solennelle de la liberté des cultes par le décret du 6 décembre 1793 rappelle que la Convention a pour intention : « de maintenir la liberté des cultes qu’elle a proclamée, et de réprimer en même temps tous ceux qui en abuseraient pour troubler l’ordre public ; elle ne permettra pas qu’on persécute les ministres paisibles du culte, et elle les punira avec sévérité toutes les fois qu’ils oseront armer les préjugés ou le royalisme contre la République. On a dénoncé des prêtres pour avoir dit la messe : ils la diront longtemps, si on les empêche de la dire. Celui qui veut les empêcher est plus fanatique que celui qui dit la messe ».
D’après Normand fils. Jeu de carte sous le régime de la Terreur. XIXe siècle
Gravure. 20,5 x 14,5 cm.
Archives départementales du Val-de-Marne
(6 FI A 205)

Le 27 août 1790, le roi ratifie la Constitution civile du clergé. La carte religieuse se calque sur les découpages administratifs avec un système électoral s’appliquant aux curés comme aux évêques, dorénavant fonctionnaires rémunérés et logés par la Nation. Le 3 janvier 1791, la Constituante exige de tous les prêtres le serment de fidélité. Sur l’actuel territoire du Val-de-Marne, 85% des curés acceptent la démarche pour une moyenne nationale de 50%. Lorsqu’en mars 1791, le pape condamne la Constitution civile du clergé, seul le curé jureur de Charenton-Saint-Maurice se rétracte. Face au schisme, une lutte contre les prêtres réfractaires s’engage tandis que l’hostilité progresse vis à vis des prêtres constitutionnels.