porte-document
-A A +A

Hélène Luc (1932- )

Portrait d'une pionnière
Hélène Luc à l'Assemblée départementale

Hélène Luc a été une des premières conseillères générales du Val-de-Marne. Elue en 1967 sur le canton de Choisy-le-Roi, commune où elle réside depuis 1955 avec son mari, Louis Luc, elle conservera son siège jusqu’en 2004. Cette militante communiste originaire de Saint-Etienne, ancienne ouvrière du textile puis employée passée par l’Union des jeunes filles de France, a marqué durablement la vie politique val-de-marnaise.

 

Au Conseil Général, où elle a contribué à façonner et à impulser des politiques publiques départementales innovantes, l’éducation et l’enseignement ont été ses priorités. Les dossiers qui lui ont été confiés revêtent un caractère majeur. D’abord nommée présidente de la commission « Enseignement, Jeunesse, Sport et Culture » (1967-1970), puis vice-présidente de l’assemblée départementale en charge de l’enseignement, des collèges et de l’Université (1976-2004), elle s’est acquittée de ses missions avec énergie et passion. L’intégration et le développement de l’Université sur le territoire ont été parmi ses premiers combats. Mais de cet édile au caractère audacieux et avant-gardiste, on garde surtout en mémoire la réalisation d’un important programme socio-culturel et patrimonial à destination des collèges, dévolus au département en 1986 : réhabilitation, reconstruction, aide à la scolarité et à la demi-pension, dépôt d’œuvre d’art …

 

De nature curieuse et éclectique, Hélène Luc n’a pas fait du thème central de ses délégations son unique cheval de bataille. Elle a été de tous les combats pour améliorer le quotidien des val-de-marnais et accroitre l’attractivité du Département. Parmi ses fers de lance, on retient notamment la défense des espaces verts et boisés, la création de pistes cyclables, le maintien de l’école vétérinaire à Maisons-Alfort, ou encore le développement de la solidarité et de la coopération internationale.

 

Femme de réseaux, elle a également su poursuivre ses actions et ses engagements au sein d’autres institutions. Sur les bancs du conseil régional d’Ile-de-France d’abord (1974-1977), puis au Sénat (1977-2007) où elle a présidé le groupe communiste pendant vingt-cinq ans (1979-2004), l’élue s’est distinguée sur ses prises de position pour la reconnaissance du génocide arménien, le dopage, ou encore les conséquences sanitaires des essais nucléaires.

Intervention d'Hélène Luc au Sénat en présence de Charles Lederman, sénateur du Val-de-Marne (1977-1995) lors de l'occupation de l'hémicycle par les enseignants contre la réforme Monory (1986).

Pour cette figure du Val-de-Marne au tempérament et à la fougue singulière, promue au grade de la légion d’honneur en 2017, les luttes pour les droits des femmes et des ouvrier(ère)s, pour l’enseignement et la culture, pour la paix et contre les discriminations n’ont jamais cessées. Le retrait de ses fonctions électives ne s’apparente pas une retraite militante. Présidente d’honneur de l’Association Franco-Vietnamienne et membre du bureau national du Musée de la Résistance nationale à partir de 2007, à l’origine de la création de l’association dans le Val-de-Marne des Amis du musée de la résistance en 2015, ce « monument de la vie politique locale et nationale » selon Anicet le Pors, continu d’animer et d’imprimer sa marque dans le Val-de-Marne et au-delà de ses frontières.