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Des objets aux images : construction d’une mythologie impériale

Publicité Banania.
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Années 1930
Collection particulière

Dans les années 1910-1930, les horizons lointains imprègnent de plus en plus la vie quotidienne des Français et deviennent des arguments publicitaires puissants. À côté de la propagande officielle et dans la même lignée, des groupements financiers participent à l’élaboration d’une idéologie coloniale en éditant des affiches à la fois économiques et patriotiques.
L’industrie et le commerce ne restent pas à l’écart du mouvement. D’un côté, dans le but de valoriser la production des colonies, ils utilisent l’image du Noir souriant afin de vanter un produit associé au plaisir gustatif. De l’autre, pour des produits n’ayant rien à voir avec les colonies, ils se servent de l’image du Noir Africain pour véhiculer des stéréotypes racistes : « l’indigène » valorise la noirceur d’un cirage ou la blancheur d’une savon à barbe. Ils vendent également du rêve à la portée de tous avec des cigarettes turques ou égyptiennes, avec des savons des « princes du Congo », des gâteaux chinois ou bien encore une bière créée en 1837 (date de la prise de Constantine). Ils invitent au voyage ou font venir l’exotisme au cœur de Paris : les grands magasins proposent des catalogues à l’imagerie coloniale tandis que des boutiques spécialisées en produits exotiques voient le jour.