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1931 à Vincennes ou l’apothéose officielle de l’idée coloniale en France

Ticket d’entrée de l’Exposition Coloniale de Vincennes.
Ticket d’entrée de l’Exposition Coloniale de Vincennes.
1931
Archives départementales du Val-de-Marne
(1J 1444)

André Demaison, dans le Guide officiel, rappelle aux visiteurs : « vous êtes ici en dehors de la curiosité, parce que vous avez senti qu’aujourd’hui cette grande collectivité humaine qu’est la France a des horizons plus larges que ceux que vous avez été accoutumés à voir sur une carte de l’Europe ». L’ambition est politique. Il s’agit de faire connaître et de faire aimer aux Français leur Empire. On se sert donc du grandiose et de l’exotisme pour plonger le visiteur dans l’univers colonial et le déconnecter de la réalité extérieure. Des architectures mauresques, africaines, malgaches ou indiennes aux restaurants des cinq continents en passant par les embarcations « indigènes » sur le lac Daumesnil, le public ne manque pas d’attractions à Vincennes. Chaque soir, les organisateurs, sur fond de fêtes lumineuses et de jets d’eau, conçoivent des spectacles dont les fameuses nuits coloniales. Dans les avenues, des milliers d’« indigènes » sont donnés en spectacle animant le décor en tant que soldat, chanteur, musicien, danseur, serveur de restaurant, commerçant-artisan des villages « indigènes » ou des souks ou bien encore en tant qu’« indigène » par nature.

La propagande coloniale fonctionne pleinement. La IIIe République a réussi à faire de cet événement un succès populaire sans précédent en attribuant aux colonies ainsi exposées valeur de mythe.